Le pape François 1er, un pontificat controversé

 

« Bonsoir frères et sœurs ». Voilà comment, par une phrase toute simple, Jorge Maria Bergoglio, à peine élu Pape, entama son pontificat le 13 mars 2013. Un pontificat se voulant humble, à l’image de cet homme saluant la foule en souriant. Les douze années de François sur le siège de Saint Pierre marquent une ouverture de l'Église catholique sur des questions de société clivantes, ce qui fait de lui un des Papes les plus controversés des dernières décennies.

Le Pape François est tout d’abord le pape d’une Église ouverte et accessible. Ses réformes de la Curie romaine virent pour la première fois une femme préfète d’un dicastère (équivalent d’un ministère au Vatican) ainsi que des laïcs pouvant voter lors d’un synode. Le souverain pontife fut très transparent quant aux finances du Vatican ce qui permit d’éviter tout scandale lors de son pontificat. L’ouverture de l’Eglise passa également par une reprise en main de l’écologie dans une visée spirituelle. La sauvegarde de « la maison commune » (cf encyclique Laudato si) redonne à l’écologie son héritage chrétien. François, fidèle à sa célèbre formule « L’Eglise est un hôpital de campagne », fut un pape proche des pauvres gens et voulant toujours les défendre. Il ne vivait pas dans le palais épiscopal mais dans un simple deux pièces dans une humilité remarquable. Le 266e Pape entreprit enfin une ouverture religieuse par un dialogue œcuménique avec notamment le patriarche orthodoxe russe ou l’imam musulman d'Al-Azha.

 

François voulu lors de tout son pontificat montrer que la foi était accessible à tous, et cela en créant parfois la polémique. Cela passa par la canonisation de Carlo Acutis (le « cyber-apôtre » dont la canonisation se voit décalée par le décès du pape) mais aussi par des formules marquantes invitant les jeunes à prendre des « chaussures à la place de leur canapé » pour partir évangéliser le monde. Le pape se montra plus attentif aux personnes que simplement aux règles et c’est ainsi qu’il arriva à sa fameuse phrase « qui suis-je pour juger ? » lorsqu’un journaliste lui demandait que penser des homosexuels. Suivant la tradition ecclésiastique, le pape ne condamne pas la personne mais bien l’acte qu’il n’approuva à aucun instant, quoique puissent en dire les médias de gauche. Ces médias étant bien entendu les premiers à attaquer le souverain pontife lorsque celui-ci dit que l’avortement est un recours à un « tueur à gages » ou que la théorie du genre est un « affreux danger ». François fut en effet un homme ferme lorsqu’il le fallait, notamment lors de la crise des abus sexuels commis par des prêtres. Il ordonna, par exemple, la démission de tous les évêques chiliens jugés trop passifs et n’eut aucune tolérance face aux abus.

 

Il convient enfin d’évoquer les aspects plus controversés de François, parfois jugé à gauche, même si ce terme est inapproprié pour un pape. Sa première visite hors du Vatican fut en effet à Lampedusa pour se recueillir sur les migrants morts en Méditerranée et inviter les puissances européennes à en accueillir davantage. Cela fut le premier des nombreux clivages du pontificat, notamment en Occident où la vague migratoire est un danger pour les populations et la foi chrétienne. Ajoutons le motu proprio Traditionis custodes qui régula drastiquement la messe traditionnelle et entraîna la colère de nombreux catholiques attachés à cette liturgie. Les catholiques conservateurs furent également surpris par certaines déclarations progressistes du pape sur, entre autres, la bénédiction (dans certaines conditions précises) des couples homosexuels (cf Fiducia supplicans) ou encore son affirmation que toutes les religions étaient un chemin vers Dieu. Il émit même la possibilité de rompre le célibat des prêtres. Ces déclarations rompent avec la doctrine de l’Eglise selon beaucoup de catholiques, qu’ils soient traditionalistes ou non. La liste des contestations dont le Pape François fait l’objet ne peut être exhaustive mais rappelons tout de même qu’un catholique n’a aucune obligation à être parfaitement en accord avec le Saint Père tant que celui-ci n’engage pas l’infaillibilité pontificale, ce que François n’a jamais fait.

 

La Pape François voulut ainsi une Église plus ouverte mais réveilla de nombreuses oppositions notamment chez les conservateurs qui espèrent le retour d’un Pape plus attaché à la tradition et à la conservation d’une Église et d’une chrétienté fortes.

 

Q.