Toi, étudiant qui viens de rentrer à la faculté et qui te croit condamné à plusieurs années au sein d’une enclave gauchiste, détrompe-toi, ce n’est pas le cas.

Une représentation dominante d’une jeunesse de gauche

Depuis Mai 68 s’est gravée une image tenace : celle de l’étudiant gauchiste, syndicaliste, communiste, révolutionnaire, bloqueur de faculté. L’archétype de l’« insurgé » étudiant est resté dans la mémoire collective comme le profil-type, et finalement le seul visage de la jeunesse universitaire. Et pourtant, dès 1968, des étudiants patriotes débloquaient les facs ; aujourd’hui, c’est la Cocarde qui perpétue ce combat !

Cette représentation biaisée s’est renforcée par le fait que la gauche a investi depuis longtemps les structures étudiantes, les syndicats, et l’univers culturel et académique. Comme le rappelait récemment la députée européenne Sarah Knafo : « La gauche n’est pas majoritaire, mais elle est dominante ». Dominante dans les médias, dans la culture, dans la justice et, in fine, à l’université, tant chez les élèves que dans l’administration et au ministère.

Les exemples ne manquent pas : à Grenoble, la CVEC (contribution vie étudiante et de campus) a servi à financer un drag show organisé par l’Union Étudiante (syndicat proche de LFI) ou encore à Bordeaux des événements du Poing Levé (branche jeune de Révolution permanente) « pour la Palestine », « contre l’extrême droite » et pour un « féminisme révolutionnaire et internationaliste ». Dans un autre registre, le doyen de faculté de Saint-Denis a interdit à la police l’accès à son établissement alors que celle-ci voulait simplement interpeller l’étudiant ayant menacé à l’arme à feu nos militants lors d’un tractage, en avril 2025. Dans un tel environnement, un étudiant de droite peut avoir l’impression d’être isolé, comme en minorité permanente.

 

Une jeunesse moins homogène qu’on ne le croit

Pourtant, la réalité est plus complexe. L’image d’une jeunesse unanimement progressiste, voire « woke », mérite d’être largement nuancée.

Le sociologue Olivier Galland, chercheur au CNRS et le professeur à Sciences Po Marc Lazar, dans une enquête menée en 2022 pour l’Institut Montaigne auprès de 8 000 jeunes, montrent que les 18-24 ans sont beaucoup plus divisés qu’on ne le pense.

Certes, ils se disent sensibles aux grandes causes sociétales, à l’instar de l’écologie, des inégalités, du racisme, des questions de genre… et ce bien davantage que les générations précédentes. Mais, par exemple, seulement 11 % des jeunes considèrent qu’il existe un « racisme structurel » en France. Galland en conclut qu’un jeune sur dix est véritablement « woke », et que si ces idées semblent en apparence avoir gagné l’opinion publique, elles ne mobilisent pas massivement la jeunesse. La majorité reste modérée, voire sceptique.

 

Le retour en force du vote de droite nationale

En outre, le vote à droite se démocratise, et les urnes confirment cette tendance.

Lors des élections européennes de 2024, le Rassemblement National est arrivé en tête chez les 18-34 ans avec 32 % des voix, loin devant Renaissance (5 %) ou même les listes de gauche. En somme, les 18-34 ans ont voté à 41% pour des listes de droite (LR 5%, Reconquête 4%, Rassemblement National 32%).

Aux législatives de 2024, un sondage Ipsos montrait que 34 % des 18-24 ans ont voté pour le RN ou ses alliés : soit 1 jeune sur 3.

Ce basculement n’est pas marginal, il s’agit d’une tendance durable, observée depuis 2017, où le RN et ses figures, notamment Jordan Bardella, séduisent particulièrement les jeunes actifs et les étudiants.

 

La jeunesse conservatrice : une réalité sociologique

Pascal Perrineau montrait déjà, dans « Les facteurs du vote », que le vote des jeunes, toutes générations confondues, n’est pas mécaniquement à gauche. Seulement, il est plus volatil et plus contestataire que celui des générations précédentes.

En 1984 déjà, le FN de Jean-Marie Le Pen séduisait déjà une part significative des jeunes électeurs, comme peut l’illustrer la création en 1990 d’un syndicat étudiant lié au Front National, le Renouveau étudiant.

Aujourd’hui, cette tendance s’est accentuée, mais avec une coloration différente : les jeunes votants à droite ne sont plus seulement protestataires, ils sont de plus en plus portés par un retour aux valeurs culturelles conservatrices.

Une étude de l’INJEP le montre clairement : dans le quintile le plus conservateur culturellement, les 18-34 ans votent RN entre 41% et 60%, contre seulement 25 % chez les plus de 60 ans. Autrement dit, les jeunes de droite le sont parfois plus fortement que leurs aînés.

En outre, une autre tendance observée est celle du retour à l’identification nationale. En effet, selon l’INJEP, le sentiment d’appartenir avant tout à la France a augmenté de dix points entre 1981 et 2008, là où le sentiment d’appartenir au « monde entier » a chuté de cinq points (par ailleurs, les identifications régionales et locales restent stables alors que l’identification à l’Europe demeure subsidiaire), ce qui laisse entrevoir le regain d’un patriotisme chez la nouvelle génération. Un sondage Valeurs de 2018 le confirme, puisque en 2018, 89 % des jeunes de 18-29 ans (génération 1991-2000) se déclaraient très ou assez fiers d’être citoyens français. Au même âge, ceux de la génération 1955-1963 interrogés en 1981 n’étaient que 64 % à exprimer ce sentiment, soit un écart de 25 points entre les deux.

 

En somme, étudiant patriote, tu n’es pas seul. Les chiffres, les études sociologiques, les votes le montrent : la gauche est bruyante, elle occupe les espaces universitaires et culturels, mais elle n’est plus hégémonique dans la jeunesse.


Un jeune sur trois vote déjà pour la droite nationale, et beaucoup d’autres s’interrogent, doutent, cherchent des alternatives. Le gauchisme universitaire n’est donc pas une fatalité. Pour que les futures générations n’aient jamais ce sentiment d’isolement il faut, dès à présent s’engager. En effet, comme le soulignait Marion Maréchal, citant Bernanos, au colloque des 10 ans de la Cocarde : « c’est la fièvre de la jeunesse qui tient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. »

 

En outre, l’état si déplorable de nos universités est lié à la « trahison de l’intelligentsia de droite », comme le mettait en évidence Martin Sellner. En effet, il s’appuie sur les élections étudiantes à l’université de Vienne dans les années 1970 pour montrer que c’est lorsque la droite a désinvesti le terrain des sciences humaines que des listes ouvertement marxistes ont pu faire de bons résultats. La conséquence de cela : des universitaires et des journalistes bien-pensants qui imposent leur doctrine aux jeunes dès leur enfance. Mais aujourd'hui, cette « trahison » existe toujours, et prend une autre forme, elle se traduit par le fait de choisir sa carrière au détriment de ses idées, de choisir de se taire face à ce qui nous semble injuste, de choisir son profit individuel et non celui de la communauté. Il en va donc de notre devoir de réinvestir le champ universitaire, car rien n'est fondamentalement de gauche, ni les médias, ni les lettres, ni l’université, tout cela est seulement occupé par la gauche. Il est temps pour nous étudiants de droite d’assumer nos idées et de faire face, ensemble, à la dictature de la pensée unique.

 

Alors, si tu veux contribuer à affirmer qu’une autre voix existe dans la jeunesse, alors rejoins le syndicat du camp national, rejoins la Cocarde étudiante !

 

 

Sources

Galland, Olivier et Marc Lazar. Une jeunesse plurielle : Enquête auprès  des 18-24 ans. [s.l.]. Institut Montaigne. 2022.

Lardeux, Laurent et Vincent Tiberj. Générations désenchantées ? jeunes et démocratie. Paris. la Documentation française. 2021.

Sellner, Martin. La trahison des intellectuels : plaidoyer pour une révolution métapolitique. 2022. URL : https://institut-iliade.com/la-trahison-des-intellectuels-plaidoyer-pour-une-revolution-metapolitique/ [consulté le 3 septembre 2025].

Rapport alarmant sur la contribution de vie étudiante et de campus. 2025. URL : https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ250504776.html [consulté le 28 août 2025].

Cyril Hanouna : «La gauche bien pensante n’est pas majoritaire, mais elle est dominante», selon Sarah Knafo. 2024. URL : https://www.europe1.fr/politique/cyril-hanouna-la-gauche-bien-pensante-nest-pas-majoritaire-mais-elle-est-dominante-selon-sarah-knafo-4264561 [consulté le 28 août 2025].

Résultats européennes 2024: catégorie socio-professionnelle, âge... comment ont voté les Français. 2024. URL : https://www.bfmtv.com/politique/elections/europeennes/resultats-europeennes-2024-categorie-socio-professionnelle-age-comment-ont-vote-les-francais_AV-202406090467.html [consulté le 31 août 2025].

Elections législatives 2024 - Sociologie des électorats et profil des abstentionnistes - Premier tour du 30 juin 2024. URL : https://fr.slideshare.net/slideshow/elections-legislatives-2024-sociologie-des-electorats-et-profil-des-abstentionnistes-premier-tour-du-30-juin-2024/269980331 [consulté le 28 août 2025].

Le vote et l’abstention des jeunes au prisme de leurs valeurs et de leur situation sociale - INJEP - Laurent Lardeux, chargé d’études et de recherche (INJEP) Vincent Tiberj, chercheur au Centre Émile Durkheim et professeur des universités à Sciences Po Bordeaux. URL : https://injep.fr/publication/le-vote-et-labstention-des-jeunes-au-prisme-de-leurs-valeurs/ [consulté le 31 août 2025].